Teréz, ou la mémoire du corps – francia megjelenés

Teréz, ou la mémoire du corps – francia megjelenés

A Teréz, vagy a test emlékezete franciául, Sophie Aude fordításában

Actes Sud 2022.

A kötetről megjelent recenziók részletei.

Tout au long de ce texte très original, le corps et l’âme meurtris se souviennent en trois langues : hongrois, allemand, anglais. Comme une feuille de saule déchirée, la fillette puis la femme errent sur l’eau au gré du courant, tentant de rassembler le puzzle inconnaissable de leur vie. Une énigme parmi tant d’autres auxquelles les femmes sont confrontées de toute éternité.

Patricia Reznikov, LIRE MAGAZINE LITTÉRAIRE

 

Un texte fascinant composé autour d’une agression devenant l’élément sur lequel se construire.

Eszter T. Molnár compose une variation dramatique à mi-chemin entre le souvenir et la fiction, entre le passé et le futur, fût-il hypothétique. Elle façonne un montage inédit et étonnant dans une hybridation des formes et des langages, ceux qui ont divisé sa vie : le hongrois, l’anglais et l’allemand.

Morgane Afif, VALEURS ACTUELLES

 

Les trois histoires explorent donc systématiquement les conséquences du viol subi dans l’enfance. Elles le font dans une langue concise, précise, imagée. Les commentaires en anglais ou en allemand suggèrent surtout que la langue maternelle est disqualifiée pour dire comme il le faudrait ce qui s’est accompli.

En décrivant la vie de ses héroïnes, le roman d’Eszter T. Molnár aborde aussi le terrain social. Mais les difficultés ne sont pas insurmontables, et c’est dans sa nouvelle langue que la dernière narratrice résume son parcours. Après le silence auquel l’enfant avait été réduite, le détour par une langue apprise, innocente, permet désormais à l’adulte de retrouver la parole : ne pas la prendre relèvera cette fois de sa propre liberté.

Jean-Luc Tiesset, EN ATTENDANT NADEAU

 

Le titre du roman est explicite, la mémoire du corps évoque le traumatisme dû à l’abus sexuel, avec le risque que l’ouvrage soit rangé par négligence dans le rayon guérison et développement personnel d’une librairie. Mais ce serait faire peu de cas de la densité poétique du livre, du flottement de ses personnages qui ne trouvent pas leur place.

La solitude, l’éloignement de « chez elles », comme elles appellent la Hongrie, accroissent l’atmosphère déstabilisante. Les zones floues entre les langues aussi. Mots impossibles à mettre sur la souffrance, mots saute-frontières ou perdus en route, l’ouvrage éclaire aussi la difficulté d’intégration des exilés de l’Est à l’Ouest.

Frédérique Fanchette, LIBÉRATION

 

À travers trois portraits de femmes racontées par elles-mêmes dans un tissage entre les langues hongroise, allemande et anglaise, l’autrice et chercheuse en biologie Molnár T. Eszter dresse un portrait cruel et désillusionné de l’Europe, avec une force poétique rare.

site LE GRAND CONTINENT

 

Implacable et maîtrisé, le roman de la Hongroise Eszter T. Molnár est un voyage dans les ténèbres auxquelles sont vouées les femmes. Impressionnant. Véhémente et impressionniste, procédant par touches descriptives qui ont le frappement d’accents inattendus, lacunaire mais transparente, cette langue en appelle à l’esprit une autre, très différente, moins complément que repoussoir, celle du Lévitique. Le cauchemar a un nom, et le Lévitique l’a divulgué : l’impureté. Ou, plus exactement, l’imputation d’impureté faite aux femmes. Mais Eszter T. Molnár la revendique, cette impureté, et en écrivain. Par la langue. Par les langues : en intercalant, dans son texte, des passages bilingues, mettant en regard sur deux colonnes, sur la même page, deux idiomes, elle accouche, fièrement, de pages délibérément bâtardes. Exemptes de l’uniformité lisse de la stérilisante pureté.

Damien Aubel, TRANSFUGE